La transfusion de 1670 à nos jours.

 

En France, la première expérience de transfusion sanguine remonte à janvier 1670 : un jeune médecin parisien, Jean-Baptiste Denis, tente de soigner un malade mental par transfusion...de sang de veau. Le décès du malheureux patient amène le Parlement à interdire toute nouvelle tentative de transfusion. Il faudra attendre un siècle et demi avant que de nouvelles expériences soient tentées.
En 1902 à Vienne, la découverte par Karl Landsteiner des groupes sanguins ouvre la voie à la transfusion sanguine moderne. Mais les tests de compatibilité sont encore trop longs.
Pendant la Première Guerre Mondiale, des transfusions sont effectuées sur les soldats : les champs de bataille sont aussi, face à tant de blessés à soigner d'urgence, des champs d'expérimentation pour les médecins. L'efficacité de l'acte transfusionnel est peu à peu démontrée. Les méthodes se professionnalisent et commencent à être appliquées, après la guerre, dans les hôpitaux.
 
En 1949, Arnaud Tzanck crée le Centre National de Transfusion Sanguine. La première collecte mobile est organisée la même année, pour répondre aux besoins en plasma d'ouvriers brûlés par l?explosion de leur usine.
A l?époque, on ne donne pas son sang : on le vend. Arnaud Tzanck milite pour que le geste devienne gratuit et volontaire. Pari gagné : en 1950, la Fédération nationale de donneurs de sang bénévoles est créée. Elle précède de deux ans le vote au Parlement de la première loi sur la transfusion sanguine, qui précise : « le sang et ses dérivés ne sont pas des médicaments, ne constituent pas un bien du commerce, comme issus du corps humain. » Cette loi et ses circulaires d'application régissent l'organisation de la transfusion sanguine en France jusqu'en 1993. La loi du 4 janvier 1993, inhérente à la sécurité en matière de transfusion sanguine et de médicament, instaure une nouvelle organisation.
 
  L'Etablissement français du sang est créé le 1er janvier 2000, en application de la loi du 1er juillet 1998. Il est placé sous la tutelle du ministère en charge de la Santé. Opérateur unique de la transfusion sanguine en France, l'EFS a fêté ses 10 ans en 2010.
 
 

 Source EFS, 29/04/11

 

 

 

 

Globules rouges, plaquettes, plasma....quel rôle jouent ils dans l'organisme?

 

les composants
 
Le sang circule dans les vaisseaux à travers tout l’organisme, où il joue un rôle essentiel : nutrition, respiration, régulation, défense…

C'est un tissu vivant, composé de cellules qui baignent dans un liquide, le plasma. Le volume de la masse sanguine est d'environ  5 litres pour un adulte mais varie selon son sexe, son poids et sa taille. Trois types de cellules  coexistent dans le sang : les globules rouges, les globules blancs, et les plaquettes.

Les globules rouges
Leur rôle est de transporter l'oxygène des poumons vers les tissus et, en retour, de capter le gaz carbonique au niveau des tissus afin de l'éliminer par les voies respiratoires. Ces cellules, également appelées érythrocytes ou hématies, sont les plus nombreuses dans le sang : leur concentration est de l'ordre de 5 millions par millimètre cube. Un manque de globules rouges se traduit physiquement par une forte fatigue, voire des essoufflements. On parle alors d'anémie.
 
Les globules blancs
Egalement appelés leucocytes, les globules blancs jouent un rôle dans la défense de l'organisme contre les agressions extérieures (bactéries, virus, cellules étrangères, etc.). A la suite d'un don de sang, pendant la phase dite de préparation des produits sanguins, les globules blancs sont filtrés (on parle alors de déleucocytation).
 
Les plaquettes
Les plaquettes sont des cellules qui interviennent pour prévenir ou stopper les hémorragies. Dans certains cas, le patient peut manquer de plaquettes, en particulier s'il souffre de leucémie ou s'il est en chimiothérapie. La transfusion de plaquettes peut également être nécessaire lors de certaines interventions chirurgicales lourdes.
 
Le plasma
Ce composant représente à lui seul 55 % du volume sanguin. Il est composé à 90 % d'eau chargée de sels. Il est également très riche en protéines, notamment en albumine, qui contribue au transport des fluides au sein de l'organisme. Des transfusions d'albumine sont indiquées dans le cas d'insuffisance rénale et hépatique.
 
Les immunoglobulines sont une autre famille de protéines plasmatiques, indispensables dans la lutte contre les agents infectieux. Elles permettent de prévenir et de lutter contre des maladies telles que le tétanos, les hépatites ou la rubéole. Le plasma contient également des facteurs de coagulation (ou anti-hémophiliques). Un déficit héréditaire de ces protéines peut provoquer des hémorragies graves (comme chez les hémophiles A et B).
 

 Source EFS, 29/04/11

Les groupes sanguins et leur compatibilité.

 

Les produits sanguins recueillis lors des dons de sang ne peuvent pas être administrés à n’importe quel receveur. Il existe en effet plusieurs dizaines de systèmes antigéniques permettant de caractériser les cellules sanguines.

Deux d'entre eux définissent la compatibilité  sanguine entre deux individus : ce sont les systèmes ABO et Rhésus.

 

Le système ABO révèle quatre groupes sanguins : A, B, O et AB.

Le système Rhésus (ou RHD) détermine, avec la présence ou l'absence de l'antigène D dans le sang,  si un individu est RHD positif (+) ou négatif (-).

La combinaison de ces deux systèmes permet de classer de manière plus fine les différents types de sang : A+, A-, B+, B-, AB+, AB-, O+ et O-.

En France, leur répartition est la suivante : 

 
 
O
A
B
AB
Rhésus +
36 %
37 %
9 %
3 %
Rhésus -
6 %
7 %
1 %
1 %
 

La compatibilité des globules rouges et des plaquettes

Dans la majorité des cas, les receveurs seront transfusés avec les globules rouges d'un donneur du même groupe sanguin. Deux exceptions : les individus de groupe O- sont "donneurs universels" et peuvent donc donner leur sang à n'importe quel receveur, tandis que les individus de groupe AB+ sont "receveurs universels".

 

En ne se basant que sur le système ABO, la compatibilité entre globules rouges des donneurs et des receveurs est résumée dans le tableau suivant : 

 
  
A
peut donner à A et AB
 
A
peut recevoir de A et O
B
peut donner à B et AB
 
B
peut recevoir de B et O 
AB
peut donner à AB
 
AB
receveur universel 
O
donneur universel
 
O
peut recevoir de O 
 

La compatibilité du plasma

La compatibilité du plasma est différente. Les individus de groupe AB, qui représentent 4 % de la population, sont pour ce type de don tout particulièrement recherchés : leur plasma peut en effet être transfusé à tous les malades. Ils sont ainsi « donneurs universels de plasma ». Les dons des individus de groupe B - qui ne représentent que 9 % de la population - sont de ce fait également recherchés.

 

Pour effectuer une transfusion en toute sécurité, il faut donc respecter les règles de compatibilité biologiques, selon les groupes sanguins, mais également selon le type de produit : globules rouges, plaquettes, ou plasma.

 

  Source EFS, 29/04/11

Connaître le parcours de la poche de sang.

 

parcours de la poche
 
Le sang recueilli lors des dons n’est jamais transfusé directement au patient. Après avoir été prélevé à un donneur, il va être qualifié et préparé avant d’être distribué aux hôpitaux et aux cliniques.

Il sera ensuite transfusé à des patients.

  • Le prélèvement : le prélèvement est effectué par une infirmière. Le sang du donneur est collecté, à hauteur de 400 à 500 ml, après que des tubes échantillons ont été prélevés. C’est à partir de ces derniers que l’on effectue des analyses. 
  • La préparation : pendant que les échantillons sont analysés, les poches de sang sont acheminées sur un plateau technique, où sont préparés et transformés les produits sanguins. Après la phase de filtrage des globules blancs, appelée déleucocytation, les composants du sang – globules rouges, plasma et plaquettes, destinés à être transfusés-, sont séparés par centrifugation.
  • La qualification : les échantillons prélevés sur le donneur sont analysés selon deux axes : l’immuno-hématologie, qui consiste à caractériser le sang et à déterminer, notamment le groupe sanguin, et la recherche de maladies ou agents transmissibles (VIH-SIDA, hépatite B, syphilis, hépatite C, HTLV, paludisme, maladie de chagas…) 
     
  • L'immuno-hématologie et la distribution : le produit sanguin, préparé et qualifié, est distribué aux hôpitaux et cliniques qui en font la demande. Avant de transfuser le malade, un dernier test de contrôle permet d'éviter tout risque d’incompatibilité entre le donneur et le receveur. 

Pour agrandir, cliquez ici.

Source EFS, 29/04/11

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